DWCC13-Rioja #2 Press trip to Haro

Je ressens le besoin absolut de transcrire ce que j’ai vécu. Je suis partie en Espagne le 22 octobre pour rejoindre Bilbao et le groupe de communicateurs digitaux avec lesquels j’allais passer plus d’une semaine à sillonner le vignoble ibérique. Si vous avez un quelconque intérêt pour la mutation qui est en train de s’ouvrer au Pays Basque, je vous conseille de lire mon précédent article qui relate la première étape de ce voyage : http://lazazzerawineblog.com/2013/11/02/dwcc13-rioja-1-manhattan-in-the-basque-country/

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Direction Haro, la capitale historique de la viticulture en Rioja et un premier déjeuner chez Gomez Cruzado où je déguste un Riserva 2007 à tomber par terre au prix scandaleusement accessible de 16€ la bouteille. Vient ensuite le premier contact avec les feuilles, les grappes, la terre et une veste confortable signée Ramon Bilbao.

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Un après midi de vendanges façon bloggers, c’est à dire entrecoupé par de séances photos, vidéo, prise de notes, enregistrements audio toutes les 2 ou 3 grappes coupées. L’équipe de Ramon Bilbao nous amène ensuite là où autrefois on pressait le vin : après la veste toute neuve, voici les bottes à pressurage façon “lagares” portugais, un ballet de jambes et de bras pour produire un jus magenta sucré et gourmand, le fruit de notre labeur.

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Couronnement de la journée, la dégustation de ce jus et de tous les autres, ceux déjà en bouteille avec de préférence quelques années sur les épaules. Je me couche souriante et trépidante de voir le soleil se lever.

2e jour ensoleille, nous sortons de l’hotel à pied en traversant le centre ville de Haro et en descendant de la colline jusqu’au Barrio de la Estacion, là où tout a commencé.

Rioja 051Le “quartier de la gare” longe effectivement la ligne ferroviaire, le seul moyen à l’époque pour faire de l’export. Rappelez vous, avec le drame du phylloxera qui a ravagé le vignoble bordelais, les producteurs ont du trouver un autre terroir apte à produire le vin dont ils avaient désespérément besoin pour leur commerce et le choix s’est porté sur cette région d’Espagne. Du coup les chais des bodegas ont vu le jour autour de la gare ferroviaire et ce petit quartier viticole est resté intacte depuis.

Rioja 070Nous nous arrêtons chez Cune , la compagnie viticole du nord de l’Espagne fondée par 2 frères originaires de Bilbao dont l’un d’eux avait des problèmes d’asthme et cherchait surtout un meilleur climat. Aujourd’hui la compagnie possède 600ht ce qui représente plus ou moins 50% de leur besoins, le reste étant en fermage. 60% de leur prod est, disons le, alimentaire : c’est un simple Crianza qui fait vivre l’entreprise. Mais Cune fait aussi du haut de gamme comme les cuvées signées Imperial ou Vina Real, une bodega qui se trouve du coté de Logrono et une marque datant de 1920.

Rioja 059La visite de la cave de Haro vaut le coup pour son chai à barrique dont le plafond a été pensé, dessiné et réalisé par le studio de Gustave Eiffel entre 1890 et 1909. Un plafond sans colonnes, juste une structure en fer qui soutient le toit et cela afin d’avoir le plus d’espace possible au sol pour l’entreposage des barriques et donc l’élevage des vins, une révolution pour l’époque!

Nous continuons notre journée dans le vignoble de la bodegas Roda, mais pas n’importe quel vignoble, celui du projet “clima” né du besoin de trouver des variétés résistantes au changement climatique.

Rioja 077Pour cela, plus de 552 clones de Tempranillo ont été isolés, une façon bien concrète de préserver la bio-diversité. Roda est ce que l’on pourrait appeler une cave “boutique” car il ne produisent que 300 000 bouteilles par an et ce sur seulement 4 vins : 2 Reserva vendu entre 20 et 38€, 1 vin de style plus jeune vendu à 15€ et un vin d’auteur à plus de 100€. Tous ces vins sont élaborés à partir de vignes qui ont un minimum de 30 ans et qui sont plantés sur 17 différents terroirs et vinifiés séparément.

Rioja 089Nous dinons avec Augustino, le gérant de Roda, un ingénieur agronome d’une redutable séduction, un beau parleur, plus, un orateur. Il a intégré la société il y a de cela des années, d’abord comme responsable technique et aujourd’hui comme directeur. Il nous acueille dans sa salle à manger qui domine le chai à barrique et nous sert un repas étoilé.

Le dernier jour, avant le départ pour Logrono et le début de ma première DWCC Digital Wine Communications Conference que je suis à distance depuis 5 ans, nous avons visité Muga, une bodega fondé en 1932 mais qui a connu ses premiers gros succès à l’export dans les années ’60. Là on ne peut pas parler de cave “boutique” mais l’on peut dire qu’il s’agit d’une petite réalité viticole de la Rioja malgré son million et demi de bouteilles produites (en comparaison à de plus grosse réalités qui arrivent à produire 20 millions de cols). Ce qui me plait chez Muga c’est que tout est élevé ou fermenté en bois (même les blancs) et que le bois dont ils se servent fait aussi partie de l’histoire. En effet, Muga sélectionne du bois du monde entier qui est acheminé à Haro pour la coupe et le séchage en interne et qui sert pour la création des barriques et foudres aussi en interne.

Rioja 110Ce qui me plait encore chez Muga c’est le petit déjeuner à base de bulles et chorizo grillé au feu de bois auquel nous avons droit au petit matin durant les vendanges! Enfin, ce qui me plait ce sont leurs vins et leur RP Ana Lopezcano Lamarin. Le Prada Eneo est pour moi l’un des meilleurs rapports qualité/prix d’Espagne (22€ ) et Ana, ah Ana, elle est parfaite, professionnelle, cultivé, sympathique, belle, j’ai envie de l’engager même si je n’ai pas de boulot à lui proposer!

Rioja 101Ce jeudi se termine donc sur un coup de foudre qui ne me quittera plus tout au long de la soirée au marché de Logrono, là où nous nous sommes tous retrouvé pour la BYOB Dinner de la communauté des #winelover. Heureusement qu’Anna sera là demain et après demain présenter ses vins aux participants  de la DWCC deux journées intenses de conférences, work shop et dégustations dont le thème cette année était “Flavour”, la saveur du vin, celle qu’il nous donne mais aussi celle que nous pouvons donner à la communication qui l’entoure.

Durant les deux journées qu’a duré la conférence, je suis passée d’une salle à l’autre, d’une dégustation de vieux Rioja à la leçon sur le SEO ou les RP pour bloggeurs, de l’atelier sur les vins de Rueda, des Porto Vintage jusqu’aux terroirs chiliens.

Rioja 124Le vin est l’un des rares produits sur terre qui n’arrête pas de me surprendre et je crois qu’aujourd’hui il ne tient qu’à nous de changer de mentalité à son égard. Marier tradition et innovation en regardant le futur et surtout en pensant aux prochaines générations.  Le monde bouge à vitesses différentes, c’est à nous de décider en toute conscience de choisir la vapeur ou la grande vitesse ou bien encore de tenter de garder ensemble les bonnes choses du passé et les obligations que nous avons pour notre avenir. Cela en gardant bien en tête que l’innovation n’est plus un choix, soit elle existe, soit c’est toi qui n’existe plus.

Mais l’innovation est-ce la réponse à tout? La consommation en Europe n’arrête pas de dégringoler et l’on parle de rajeunir le vin pour séduire de nouveaux consommateurs, rajeunir les moyens de communication  pour atteindre ceux qui n’ont pas encore gouté au plaisir de vin. Mais le consommateur lui il veut quoi? Est-il suffisamment écouté? Cette première DWCC ne répond pas pleinement à mes questions, mais au moins elle se les pose.

Voyons si la prochaine, qui se tiendra à Montreux du 31/10/14 au 02/11/14 saura y apporter d’autres brides de réflexion.

1383052_655378114514238_837780532_nJe termine ce long post par les remerciements, tout d’abord à notre guide et chaperon, M. Robert McIntosh, une vraie rencontre même si ce n’est pas l’amour fou comme pour Ana. Un anglais passionnée de vin qui vit en Espagne depuis plusieurs années, pour suivre son blog : Thirst For Wine

Merci à toutes les personnes des bodegas qui nous ont accueillis :  mon amour Ana Lopezcano Lamarin chez Muga, Maria Urrutia  chez Cune, Noemi Arenzana Ruiz chez Gomez Cruzado, Paula Zuniga chez Ramon Bilbao et Victor Charcan chez Roda.

Merci aussi à tous mes compagnons de voyage : Per Karlsson, Ioannis Karakasis, Ted Lelekas, Thomas Burg, Rene Ames, Umay Ceviker, Victor Beliakov, Charles Foley, Doug Frost MW, Roger Kolbu, Ayngelina Brogan.

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